200 000 €
Description
"Eugène" Je m'appelle « Eugène ». Comme Chevreul, dont la rue porte le nom depuis plus d'un siècle. C'est la moindre des choses, pour un appartement de cet immeuble-là. Mon immeuble date des années 1900. La façade a été ravalée, et l'escalier a gardé tout son caractère d'origine : la rampe de fer forgé qui s'enroule vers le haut, les contremarches en pierre usées juste ce qu'il faut, cette façon qu'ont les vieux immeubles lyonnais de vous accueillir avant même d'avoir ouvert une porte. J'occupe le deuxième étage sur trois, sans ascenseur, je le dis franchement. Mais à ce niveau-là, on ne souffre pas. Mes 39,7 m² sont bien agencés, et l'orientation traversante nord-sud fait une vraie différence. Au sud, le séjour et la cuisine ouverts l'un sur l'autre forment une pièce généreuse et lumineuse, qui capte la lumière une bonne partie de la journée. La cuisine est entièrement équipée, avec son îlot central et ses deux tabourets hauts, ce mobilier qui invite à rester debout, à cuisiner en parlant. Le mur turquoise ne cherche pas à passer inaperçu. On est ici dans un appartement qui a du caractère, qui assume ses partis pris. Chevreul aurait sans doute eu quelque chose à en dire. Au nord, côté cour, la chambre est dans un autre monde. Calme, préservée des bruits de la rue, avec son parquet flottant clair, son armoire ancienne blanche, sa tête de lit tapissée d'éventails art déco qui font écho au papier peint. Quelqu'un a pris soin de construire une cohérence ici, et ça se sent. On y entre et on ralentit. La salle de bains, carrelée de bleu franc du sol au plafond, abrite une baignoire et un long plan vasque. Elle a du caractère elle aussi, mais elle appellera une rénovation, je ne le cache pas. Les WC sont séparés. Les fenêtres sont en PVC double vitrage. La chaudière individuelle au gaz a été changée en 2020. Pour le reste, je suis prêt. La rue Chevreul, c'est une autre façon d'habiter Lyon. Pas le 7ème vitrine, pas le 7ème carte postale, le vrai, le vivant. Les étudiants et les trentenaires qui se croisent aux mêmes terrasses, les restos simples qui font le plein tous les midis, les adresses branchées qui ont poussé sans prévenir, les cafés où l'on reste plus longtemps que prévu. Le Rhône est à deux pas, les quais changent de visage selon l'heure. On y revient toujours. On devrait bien s'entendre !